Revues en libre accès ou revues prédatrices ?

Dans un billet précédent, j’ai essayé de répondre à la question « Dans quel colloque dois-je soumettre ». Je me suis limité aux critères de choix à appliquer pour choisir un colloque car je pensais que cette question ne se posait pas pour les revues.

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Mais la situation est en train de changer, notamment à cause d’un effet insidieux de la pratique du libre accès. Dans un article publié par Médiapart et consacré essentiellement aux problèmes de fraude dans les publications scientifiques, Nicolas Chevassus-au-Louis souligne que le phénomène des revues en accès libre a entrainé l’apparition d’un nouveau modèle économique « ce n’est plus le lecteur qui paye pour lire, mais l’auteur, ou l’institution qui l’emploie, qui payent pour publier. La publication d’un article peut coûter jusqu’à 3 000 dollars ».

« Ce modèle d’édition que l’on appelle en “open access gold”, en constante augmentation ces dernières années, comporte des inconvénients car il est réservé aux laboratoires qui en ont les moyens. Sans compter les effets pervers d’un système qui risque d’encourager des publications à seule fin de rendre une revue rentable », observe Michèle Leduc, présidente du comité d’éthique du CNRS.

Et Nicolas Chevassus-au-Louis donne en exemple les revues éditées par Public Library of Science (PLOS) et notamment PLOS One dans lequel chaque article « coûte 1 350 dollars à ses auteurs ». Le groupe PLOS, longtemps déficitaire, se félicite à présent de sa rentabilité, avec 24,7 millions de dollars de chiffre d’affaires et 3,95 millions de dollars de bénéfice en 2011. Dans les faits, PLOS One est devenu une machine à cash », observe Hervé Maisonneuve, médecin qui anime le blog Rédaction médicale et scientifique. Afin de se préserver contre ce type de revues prédatrices, l’article fournit un lien vers le site, Scholarly Open Access, créé par  un documentaliste américain Jeffrey Beall, de l’université du Colorado à Denver, qui tient à jour la liste des revues suspicieuses, soit à ce jour  environ 400 revues.

Donc avant de soumettre un article dans une revue, allez jeter un œil sur cette liste de revues prédatrices.

Jean-Luc Minel