Les Français parlent-ils les langues étrangères si mal que cela ?

Les Français parlent-ils les langues étrangères si mal que cela ?

Même si la France est montrée du doigt en matière de langues étrangères, la situation n’est pas catastrophique car elle est en train de changer. « La Commission européenne préconise l’apprentissage de deux langues vivantes avant l’entrée en sixième et je vois un engouement des jeunes parents pour l’apprentissage de l’anglais à un âge précoce », explique Maria Kihlstedt, chercheur en psycholinguistique à l’université Paris Ouest Nanterre.

Si les Français ont mis longtemps à vouloir apprendre une langue étrangère c’est pour une raison culturelle et historique. « Il y a beaucoup d’idées reçues qui datent du début du 19e siècle. A l’époque, pour des raisons d’uniformisation nationale, on préconisait le concept d’un Etat, une langue. »

Pour qu’une langue soit bien assimilée il est préférable de l’apprendre en même temps que sa langue maternelle. « Apprendre deux langues successivement ou simultanément à un âge très précoce, 3 ans ou 4 ans, a surtout des effets positifs. Le cerveau aime s’amuser et il faut faire danser les neurones. Il y a des synapses qui sont encore ouverts et qui n’attendent que d’être stimulés et activés. S’ils ne sont pas activés ils se ferment. Avant sept ans, l’acquisition est naturelle est inconsciente. »

Maria Kihlstedt

 

 

Activité scientifique de fin d’année: Le repas festif de Noël

Voici quelques souvenirs des festivités de fin d’année. Merci à tous d’avoir contribué à ce moment convivial et gourmand! Un seul regret face à ce buffet aux mille saveurs: il a été difficile de goûter à toutes les victuailles !!!

Une mention spéciale pour Ilaine qui a apporté la grande touche décorative qui nous a plongé dans une vraie ambiance de fête et qui a pris le soin de prendre de belles photos.

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Anaïs, Julie et Marine pour la rédaction du billet festif :)

Revues en libre accès ou revues prédatrices ?

Dans un billet précédent, j’ai essayé de répondre à la question « Dans quel colloque dois-je soumettre ». Je me suis limité aux critères de choix à appliquer pour choisir un colloque car je pensais que cette question ne se posait pas pour les revues.

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Mais la situation est en train de changer, notamment à cause d’un effet insidieux de la pratique du libre accès. Dans un article publié par Médiapart et consacré essentiellement aux problèmes de fraude dans les publications scientifiques, Nicolas Chevassus-au-Louis souligne que le phénomène des revues en accès libre a entrainé l’apparition d’un nouveau modèle économique « ce n’est plus le lecteur qui paye pour lire, mais l’auteur, ou l’institution qui l’emploie, qui payent pour publier. La publication d’un article peut coûter jusqu’à 3 000 dollars ».

« Ce modèle d’édition que l’on appelle en “open access gold”, en constante augmentation ces dernières années, comporte des inconvénients car il est réservé aux laboratoires qui en ont les moyens. Sans compter les effets pervers d’un système qui risque d’encourager des publications à seule fin de rendre une revue rentable », observe Michèle Leduc, présidente du comité d’éthique du CNRS.

Et Nicolas Chevassus-au-Louis donne en exemple les revues éditées par Public Library of Science (PLOS) et notamment PLOS One dans lequel chaque article « coûte 1 350 dollars à ses auteurs ». Le groupe PLOS, longtemps déficitaire, se félicite à présent de sa rentabilité, avec 24,7 millions de dollars de chiffre d’affaires et 3,95 millions de dollars de bénéfice en 2011. Dans les faits, PLOS One est devenu une machine à cash », observe Hervé Maisonneuve, médecin qui anime le blog Rédaction médicale et scientifique. Afin de se préserver contre ce type de revues prédatrices, l’article fournit un lien vers le site, Scholarly Open Access, créé par  un documentaliste américain Jeffrey Beall, de l’université du Colorado à Denver, qui tient à jour la liste des revues suspicieuses, soit à ce jour  environ 400 revues.

Donc avant de soumettre un article dans une revue, allez jeter un œil sur cette liste de revues prédatrices.

Jean-Luc Minel

Dans quel colloque dois-je soumettre?

N8400496_JPEG_1_1DMCette question m’a été posée par une doctorante en première année lors d’une discussion avec une dizaine de doctorantes et doctorants à propos de la politique de soutien du laboratoire. Je me suis aperçu que je n’avais pas vraiment de réponses claires à lui apporter alors que cette interrogation est particulièrement importante pour celles et ceux qui préparent une thèse et anticipent leur devenir dans le milieu académique.
Je vais donc essayer de proposer quelques critères. Tout d’abord il faut distinguer une soumission dans un colloque et celle dans un workshop ou une journée d’étude. La présence dans un workshop est importante pour identifier les chercheurs et doctorant(e)s qui travaillent sur les mêmes thématiques, s’insérer dans un réseau, mais les actes de workshop ne sont en général pas retenus par les commissions de sélection des universités ou du CNRS.
Concentrons-nous sur les colloques. Dans tout champ de recherche il est en général possible, en interrogeant son ou sa directeur de recherche, de connaître les grands colloques internationaux qui sont reconnus par la communauté. Par exemple, dans la thématique qui est la mienne, le TAL, les colloques ACL, Coling, Cicling, RNLP, sont reconnus comme les plus importants, mais ils sont en général hors de portée d’un(e) doctorant(e) parce que très sélectif. Entre 10 et 15% de soumissions acceptées pour ACL par exemple. Il faut donc chercher des colloques moins sélectifs mais qui restent reconnus ou qui le deviendront.
Il faut examiner quelques critères formels.

  • S’agit-il d’un colloque récurrent ? Par exemple, si un colloque tient sa 10° édition, cela signifie qu’il est installé dans le paysage scientifique et qu’il a obtenu une bonne reconnaissance par le milieu académique
  • Quelle est la composition du comité de programme et du comité de lecture ? Reconnaissez-vous des noms de chercheurs dont vous avez déjà lu des articles ou s’agit-il d’une liste de personnes totalement inconnues. Les membres de ces comités appartiennent-ils à différentes institutions internationales ou à une seule ?
  • Quel est le processus de sélection ? Est-il précisé ? Une relecture par deux relecteurs est une garantie de la rigueur de ce processus, l’anonymat (double aveugle) n’est pas considéré comme significatif.
  • Que doit-on soumettre ? Un bref résumé ou un article de 8 à 10 pages ? Ce dernier cas est un gage là aussi de la rigueur du processus de sélection.
  • Enfin, des actes sont-ils prévus et sur quel support (un éditeur reconnu, des Presses Universitaires ou bien s’agit-il d’une édition locale) ?

Voilà il ne vous reste plus qu’à soumettre un article.

Jean-Luc Minel

La plate-forme TEL

Jeunes docteurs, jeunes chercheurs, gagnez en visibilité !

La plate-forme TEL (Thèses En Ligne) diffusée sur Internet a pour but d’archiver et de rendre accessibles thèses et HDR. L’avantage majeur est bien sûr une excellente visibilité internationale auprès du public scientifique. A titre indicatif, un fichier au format PDF de thèse y est consulté en moyenne 200 fois et la thèse la plus téléchargée en 4 ans atteint le nombre de 10 200 téléchargements !

Par ailleurs, votre thèse sera repérée et remontée dans les résultats des moteurs de recherche spécialisés comme Google Scholar. Cette visibilité est déterminante pour votre carrière professionnelle et scientifique et la diffusion sur TEL n’empêche en aucun cas la publication de votre thèse.

Enfin, outre l’assurance d’un archivage pérenne de votre travail de doctorat au CINES, c’est également une façon de promouvoir l’activité scientifique des anciens doctorants du laboratoire MoDyCo.

La démarche est très simple : vous vous rendez sur le site de TEL, remplissez une fiche d’inscription, et déposez la version numérique de votre thèse. La mise à disposition de votre document se fera ensuite dans des délais très courts.
Si vous manquez de temps pour renseigner les informations requises, je me mets à votre disposition pour déposer votre thèse sur le site. Il suffit pour cela de m’envoyer un mail avec en corps de message votre autorisation de dépôt (J’autorise Madame Trang LUONG à déposer ma thèse sur TEL) avec en pièce jointe la version soutenue de votre thèse (et non une version publiée).

N’hésitez pas à me contacter pour toute question ou commentaire. Je suis également à votre disposition si vous rencontrez des obstacles dans la mise en ligne de votre thèse.

Mes coordonnées : ntrang[point]luong[at]gmail[point]com

Bonne continuation !

Ntrang Luong

Les tribulations des corpus de français hors de France

Le français est réputé être l’une des grandes langues internationales les moins bien documentées pour ce qui concerne les corpus oraux, même si ce retard historique en corpus (surtout par comparaison avec ce qui a été fait pour l’anglais, mais même pour l’italien ou l’allemand) s’atténue peu à peu, de nombreuses initiatives ayant commencé à voir le jour dans différents endroits.

f8.highresSi les corpus en France même sont encore en nombre insuffisant, il apparaît que des ressources en corpus existent bel et bien à travers l’ensemble de la francophonie, et parfois depuis longtemps (dès la fin des années 60 pour le Canada, depuis les années 80 pour l’Afrique). Le problème est plutôt qu’elles sont éparpillées, sous-exploitées (ou exploitées seulement par les concepteurs et un cercle proche), souvent difficiles d’accès pour la majorité des chercheurs, parfois en danger de déperdition, et que la plupart des usagers potentiels ne savent ni qu’elles existent ni où et comment aller les chercher.

A l’initiative de la DGLFLF, une banque de données a été constituée par Françoise Gadet avec l’aide de Nicoletta Michelis, sur la base d’un questionnaire envoyé à plus de 200 concepteurs de corpus. Le résultat est sur le point d’être mis en ligne par la DGLFLF, sous la responsabilité d’Olivier Baude. Cette BDD permet de documenter différents aspects de 130 corpus qui ont été recueillis à travers l’ensemble de la francophonie (constitués par des chercheurs relevant de 16 nationalités, les plus nombreux étant les Canadiens). La publication de cette BDD est accompagnée d’une assez longue introduction réflexive, qui cherche à retracer l’histoire (pour ne pas dire les tribulations) des corpus de français hors de France, en les resituant parmi les corpus oraux, du français bien entendu, mais aussi d’autres langues.

Les principaux aspects documentés dans la BDD sont le nom des corpus et l’aire ou le point géographique où a eu lieu le recueil (ainsi que le nom et l’adresse mail du concepteur ou du responsable), la ou les année(s) de recueil, la longueur du (ou des) corpus (en temps et/ou en nombre de mots), la nature des corpus (entretiens – en ce cas à un ou à plusieurs locuteurs -, interactions naturelles – en ce cas de quelle nature -, données de médias – de quelle nature – …), les modalités de transcription ainsi que le volume de ce qui a été transcrit (et le sort envisagé pour les données non encore transcrites), les objectifs d’exploitation – par exemple, discursif, syntaxique, phonologique, interactionniste… -, les principales publications réalisées sur la base du corpus, et des renseignements quant aux modalités d’accès.

Françoise Gadet

Un corpus écologique pour la francophonie

L’ANR franco-allemande CIEL_F (« Corpus International Ecologique de la Langue Française ») a travaillé de 2008 à 2012 à constituer un corpus sur des situations de francophonie. Il s’agissait de réunir dans le plus grand nombre possible d’aire identifiées comme francophones (que le français y soit la seule langue en usage, ou en concurrence avec une ou plusieurs autres langue(s)), des enregistrements « écologiques » – c’est-à-dire obtenus sans sollicitation de la part du chercheur et en milieu naturel d’occurrence.

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Trois situations identifiables partout dans le monde (à condition de les considérer à un certain niveau d’abstraction) ont été retenues : des interactions en contexte familier (conversation lors d’un événement social ordinaire, familial ou amical), des interactions d’activités professionnelles (réunions de travail), et des interactions publiques de médias (émissions de radio locale, de préférence laissant la parole aux auditeurs) – à quoi peut s’ajouter un événement libre (par exemple une activité spécifique à une aire). Les enregistrements sont majoritairement audio, et pour certains vidéo. Une attention particulière a été prêtée à la présentation des métadonnées, avec l’hypothèse que celles-ci participent de l’intelligibilité des interactions.

L’objectif est de constituer ainsi des corpus susceptibles d’être exploités à travers différentes modalités d’analyses (études variationnelles ou variationnistes, analyse des interactions, analyse de conversation, étude des français en contact, étude linguistique de l’oral, mais aussi monographies locales ponctuelles), à partir d’enregistrements dont la sélection a été effectuée par des indigènes eux-mêmes, au carrefour de la dimension des pratiques langagières et des aires communicatives.

La sélection des terrains, les recueils et les transcriptions (réalisées sous Praat) ont été effectués par des équipes locales, sur 15 zones différentes à travers le monde (comportant parfois plusieurs aires), sous le suivi des cinq équipes à l’origine du projet (Fribourg-en-Brisgau, avec Stefan Pfänder ; Lyon-2, avec Lorenza Mondada ; Halle-Saale, avec Ralph Ludwig ; Paris-10, avec Françoise Gadet ; Louvain-la-Neuve, avec Anne-Catherine Simon).

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Le site http://www.ciel-f.org/vitrine affiche depuis décembre 2012 des extraits de une minute, transcrits, anonymisés et accompagnés de leurs métadonnées, qui indiquent en avant-première ce que sera la totalité des environ 200 extraits de 10 minutes chacun, qui seront peu à peu mis en ligne dans les années qui viennent (http://ciel-f.org/).

L’objectif de CIEL_F est ainsi de contribuer à enrichir la documentation en corpus sur le français, en la diversifiant et en l’étendant à l’ensemble de la francophonie. En effet, la très grosse majorité des corpus disponibles à l’heure actuelle relève de données obtenues par entretiens. S’il est relativement difficile d’établir pour l’instant en quoi des données écologiques font montre de phénomènes linguistiques différents (à part au niveau évident des interactions), que l’on n’aurait pas pu atteindre au moyen d’entretiens, même tendant vers le naturel, ce qui est certain, c’est qu’il est indispensable de diversifier le plus possible le type de données auxquelles on a affaire dans les corpus. C’est tout particulièrement le cas pour la francophonie, qui accuse encore un incontestable retard par rapport à la documentation sur l’anglophonie.

Françoise Gadet

 

Vous avez dit ‘Ponctuation blanche’ ?

La ponctuation est un domaine peu sûr, peu connu, mais relativement travaillé ! Une spécialiste de la virgule au Canada, deux autres, spécialistes de la parenthèse, en France, ou du désuet point-virgule ! Quelques passionnés de la ponctuation – car c’est un domaine si subjectif qu’il ne peut que susciter la passion – se réunissent donc ici ou là régulièrement. Et c’est un domaine très habité : typographes, on peut penser aux relecteurs intransigeants du quotidien Le Monde, les lecteurs, qui écrivent pour signaler telle ou telle ‘faute’ (de nombreux blogs existent à ce sujet), les chercheurs Lire la suite